Nous sommes tous des poussières d’étoiles…
Nous sommes éternels. Nos atomes étaient déjà là au moment du Big Bang, dans un amas informe. Ils seront encore présents quand tout disparaitra, mélangés à d’autres ou perdus dans un trou noir. Ceux de quelques membres de nos familles sont temporairement rassemblés ici, dans un nuage de pixels, pour que les vivants d’aujourd’hui et ceux de demain puissent leur rendre hommage.
Car il y a quelque chose de plus fort que la mort : c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants et la transmission, à ceux qui ne sont pas encore, du nom, de la gloire, de la puissance et de l’allégresse de ceux qui ne sont plus, mais qui vivent à jamais dans l’esprit et dans le cœur de ceux qui se souviennent.
Jean d’Ormesson, Discours de réception à l’Académie française, 6 juin 1974